Intervention de Jean-Luc MANOURY lors
du débat d’Orientation Budgétaire 2014 dans l’axe la dynamique des territoires
le 19/12/2013
Monsieur le président,
Chers collègues,
Le débat d’Orientation Budgétaire
puis la présentation du budget qui suivra est l’acte politique majeur de tout
exécutif car à travers les recettes et les dépenses engagées, la majorité
définit la politique qu’elle entend mener.
Au-delà des rodomontades oratoires et
gesticulatoires, des postures politiciennes, il s’agit du débat d’orientation
budgétaire, c’est-à-dire de comprendre l’environnement juridique financier,
social et politique dans lequel nous devons préparer notre budget
régional.
Mais avant, je veux d’abord préciser
que je partage la colère de nombreux français et Lorrains. La pression sur leur
pouvoir d’achat, les licenciements, la montée insupportable du chômage (94 000
chômeurs lorrains en 2008 et 170 000 en 2013), la précarité galopante,
l’insécurité physique et sociale.
Les difficultés auxquelles nous
sommes confrontées trouvent leurs racines tout autant dans la crise économique
et financière d’un système à bout de souffle que dans les décisions politiques
gouvernementales
Les assemblées locales ont de moins
en moins de marge de manœuvre et de prises sur leurs recettes car c’est L’Etat
qui a pris la main et qui tend à vider de son sens la démocratie des
territoires.
En effet, nous subissons un gel des
dotations de l’Etat qui se traduit par une baisse réelle de nos capacités
financières. Ainsi les recettes du Conseil Régional devraient baisser de – 1% en
2014, de -1,7% en 2015 et de -3,5% en 2016
Cette baisse de recette s’explique
d’une part par la contribution contrainte des collectivités locales à l’effort
de redressement des finances publiques puisque le gouvernement a décidé de
baisser de 1,5 milliards d’euros par an en 2014 et 2015 les concours financiers
de l’Etat et d’autre part parce que les recettes de la Contribution sur la
Valeur Ajoutée des entreprises (CVAE) dépend de la vitalité économique des
entreprises sur les territoires et que notre seul levier la Taxe Intérieure de
Consommation sur les produits énergétiques (TICPE) a connu une baisse de -1,4
millions par rapport à nos prévisions et la taxe sur les certificats
d’immatriculation une baisse de – 4 millions
Les optimistes disent que nous
devrions toucher en 2014 des fonds européens conséquents qui seront pour une
grande partie gérés par le Conseil Régional
Face à ce constat de stagnation des
recettes, il faut pourtant avancer pour la Lorraine avec tous les partenaires
(Etat, département, intercommunalités, communes) sur la mutualisation des
financements et parce que les marges de manœuvres sont faibles, il faut
accompagner les territoires en assumant la transversalité des
actions
La Lorraine a-t-elle encore un
avenir ?
Ce document d’orientation budgétaire
veut faire de la Lorraine une région de la de la connaissance et de
l’innovation mais nous subissons aussi dans ce domaine, la concurrence des
autres régions.
Les travaux ont permis de qualifier
la Lorraine comme cœur de la vallée européenne des matériaux, de l’énergie et
des procédés.
Même si je suis
dubitatif sur le pacte Lorraine 2014-2016, je souhaite qu’il réussisse afin
d’apporter des réponses adaptées et efficaces aux lorraines et aux lorrains qui
subissent le chômage et l’aggravation des inégalités.
L’un de vos 4 objectifs stratégiques
est de renforcer une dynamique des territoires afin d’assurer un développement
équilibré.
J’approuve l’organisation et la mise
en réseau des acteurs pour favoriser la lisibilité et l’émergence des projets
et utilisons la diversification technique et la richesse humaine.
Je soutiens par exemple le projet
d’intérêt régional de Bouxières- sous-Froidmont.
Même si la population et l’activité
économique tendent à se concentrer dans les pôles urbains situés en priorité sur
l’axe Nord-Sud, l’enjeu est de dépasser une opposition rurale et urbaine
notamment dans le cadre des nouvelles communautés de communes
L’avenir de la Lorraine passe certes
par le renforcement de la diversité de ses territoires en s’appuyant sur les
agglomérations, les villes moyennes et les territoires ruraux mais surtout pour
une autre politique nationale avec la maitrise de son crédit, l’application
d’un protectionnisme intelligent pour enrayer les délocalisations.
Le Front National n’est pas d’extrême
droite comme l’écrivait récemment Henri GUAINO dans une tribune dans le monde et
il veut ouvrir les chemins de l’avenir, il en a la volonté et parce que, je ne
suis pas rancunier je vais citer Guillaume d’ ORANGE repris par Lénine, l’ami de
monsieur TIRLICIEN * qui instaura dès 1919, un système de camp de travail forcé,
précédant le Goulag de l’époque stalinienne.
Guillaume d’ ORANGE écrivait : « là
où il y a une volonté, il y a un chemin »
Pour conclure permettez- moi de
citer Pierre DORIS, l’humoriste français décédé : « On dit toujours qu’on ne
peut pas être et avoir été. Eh ben, j’en connais un dis donc, il a été con et il
l’est encore ».
Je ne fais pas bien entendu d’attaque
Ad Hominem car il n’y a pas de cons dans cet hémicycle.
Je vous
remercie