Intervention
de Jean-Luc MANOURY suite à la motion des groupes socialiste, communiste et
vert sur la mise en place de la taxe poids lourds en Lorraine.
Monsieur le Président
Vous aimez le débat, nous aussi
et je voudrai aborder le sujet de l’écotaxe sans lunette idéologique.
La hausse du prix des carburants
est inéluctable et le baril de pétrole a vu son prix multiplié par cinq en une
quinzaine d’année puisqu’il est passé de 20 dollars en 2000 à 100 dollars
aujourd’hui.
La production mondiale tend à
plafonner autour de 85 millions de barils par jour et les pétroles non
conventionnels, sable bitumeux, gisement off-shore profonds exigent 10 fois
plus d’investissement.
Par ailleurs la chine et l’Inde
(2,5 milliards d’hommes) entrent en
force sur le marché et la chine produit chaque année 20 millions de voitures.
Dans ce contexte, l’écotaxe est
issue d’un projet écologiquement cohérent en théorie, rebasculer une part appréciable du transport du fret
routier vers le mode ferroviaire ou fluvial.
Mais derrière cette idée qui peut
apparaitre bonne, il y a la réalité d’une mesure faite sans concertation.
Avec l’écotaxe, les français ont
sous les yeux une parfaite illustration de la collusion UMPS que dénonce le FN.
Si la genèse de cette usine à gaz
se situe bien à Bruxelles avec la directive « euro vignette » adoptée
en 2011, c’est la précédente majorité qui l’a imposée avec zèle dès le juillet
2010, lors du vote du Grenelle 2 de Jean-Louis BORLOO avec les voix de 314
députés UMP et centristes.
Et c’est tout à fait logiquement
que les premiers portiques sont apparus dans les deux dernières années du
quinquennat de Nicolas SARKOZY .
Le gouvernement socialiste n’a
guère le choix : mécontenter Bruxelles et les entreprises privées à qui il a sous-traité la collecte de
cette nouvelle gabelle en l’occurrence la société ECOMOUV de Metz.
Marine LE PEN exige que toute la
transparence soit faite sur ce contrat entre l’Etat et une société privée avec
en filigrane un audit sur l’ensemble des partenariats public-privés.
L’écotaxe dans l’état actuel doit être
supprimée mais parce que je suis un écologiste de droite, j’estime qu’une
réflexion doit être engagée. Par exemple pour les liaisons rurales pour les
camions qui collectent le lait dont le
remplacement par des wagons est difficile à imaginer.
Aujourd’hui l’on parle du train
mais notre principal handicap, c’est d’avoir détruit sous prétexte d’une
concurrence totalement faussée entre deux tiers et les trois quart du réseau
dont nous disposions à la fin des années
20.
Il ne faudrait pas oublier non plus le problème de la reconversion des
dizaines de chauffeurs qui vont se retrouver sans emploi.
Pour l’instant la suspension de
l’écotaxe est une avancée arrachée par la mobilisation populaire car elle
laisse planer sur les transporteurs routiers, l’agriculture, l’agro-alimentaire
et l’industrie une épée de Damoclès anti
économique et sociale.
Cette taxe est peut être
justifiée mais dans l’état actuel le groupe FN en l’absence de lisibilité pour
l’avenir s’abstiendra sur cette motion.